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27 mai 2005

LE 11 SEPTEMBRE ET LE NOUVEAU DOGME REVISIONNISTE : LES COMPLOTS N'EXISTENT PAS (TROISIEME PARTIE)




UNE COMMISSION INDEPENDANTE ET IMPARTIALE ? :


On voudrait nous convaincre que la commission d'enquête sur le 11 septembre était indépendante et qu'elle a répondu à toutes les questions qui se posaient.

Eléments d'appréciation :

-   La commission d'enquête sur les attentats du 11 septembre était présidée par Thomas Kean (le directeur exécutif étant Philip Zelikow) : il est de notoriété publique qu'il entretient des liens d'affaire étroits avec la famille Ben Laden et la famille Ben Mahfouz. Ce dernier est considéré comme l'un des principaux bailleurs de fonds du terrorisme islamique dans le monde (Voir "Who's Who on the 9/11 "Independent" Commission" de Michel Chossudovsky, dans Global Research on Globalization - 18 juillet 2003 dans L'Idiot). En effet, Thomas Kean est directeur (et actionnaire) d'Amerada Hess Corporation qui participe à la coentreprise Delta-Hess avec Delta Oil d'Arabie saoudite, laquelle appartient aux clans ben Mahfouz et Al-Amoudi. Delta-Hess a été créée en 1998 pour la mise en valeur et la prospection de champs pétrolifères dans la région de la mer Caspienne. En Azerbaïdjan, Delta-Hess a une participation de 2,72 % dans la société Azeri-Chirag-Gunashli et une autre de 20 % dans la société Garabaghki-Hursangi. Elle détient aussi des actions dans le pipeline Bakou-Tbilisi-Ceyhan (BTC).

-   La commission avait pour directeur exécutif un certain Philip Zelikow. Celui-ci est un historien reconnu qui a travaillé étroitement avec Condoleezza Rice, la conseillère de Bush pour la sécurité nationale. En octobre 2001, Philip Zelikow était nommé par Bush membre du Foreign Intelligence Advisory Board, un organisme chargé de conseiller le Président sur les affaires sensibles. C'est donc un proche de Bush qui a été choisi pour diriger l'enquête sur les attentats du 11 septembre (Voir "Probing 9/11" de David Corn dans The Nation, 19 juin 2003, le 25 juin 2003 dans l'Idiot).

-   Un certain nombre de membres des familles des victimes des attentats ont demandé, en vain, que Zelikow quitte ses fonctions en raison de ses nombreux liens avec l'administration Bush (Voir '9/11 Panel Director Has Conflict of Interest', United Press International -US-, mardi 7 octobre 2003 dans L'Idiot ; 'Sept. 11 Panel Defends Director's Impartiality', de Dan Eggen dans The Washington Post, mardi 14 octobre 2003 dans L'Idiot).

-   Pourquoi George Bush a-t-il demandé au leader de la majorité sénatoriale, Tom Daschle, de limiter l'enquête sur les événements du 11 septembre à une enquête sur les failles des services de renseignements ? Pourquoi George Bush a-t-il refusé, jusqu'en décembre 2002 et jusqu'à ce que les familles des victimes le menacent de porter l'affaire en justice, qu'une véritable commission d'enquête soit désignée, préférant laisser les comités de surveillance du Sénat et de la Chambre des Représentants mener l'enquête ? (Voir CNN, 20 janvier 2002, 'Bush asks Daschle to limit Sept. 11 probes' ; Newsweek, 4 février 2002, 'The Battle Back Home'). Pourquoi George Bush s'est-il opposé à la publication intégrale du rapport conjoint des comités de surveillance du Sénat et de la Chambre des Représentants ?

-   L'un des membres de cette Commission, Max Cleland, s'est dit écœuré par l'attitude d'obstruction de l'administration Bush dans un article publié sur Salon.com : "The President Ought to be Ashamed : Interview with Max Cleland", Salon.com, Nov. 13, 2003. Depuis cette déclaration l'administration Bush a acheté son silence en le nommant membre de direction de la Banque d'Import/Export (Export-Import Bank) et en lui demandant, par la même occasion, de quitter ses fonctions au sein de la Commission.

-   Pour plus de détails sur les omissions et distorsions de la Commission sur le 11 septembre voir : "The 9/11 Commission Report, Omissions and Distortions" de David Ray Griffin, Arris Books, 2005.


UNE ADMINISTRATION AU-DESSUS DE TOUT SOUPCON ? :


On voudrait nous peindre les membres de l'administration Bush comme des hommes et des femmes incapables d'imaginer et de faire le pire. Il suffit des les juger par leurs actes.


Eléments d'appréciation :

-   George Bush est arrivé au pouvoir dans des conditions plus que douteuses en l'an 2000 (Voir : "The Best Democracy Money can Buy" de Greg Palast) et a été réélu dans des conditions tout aussi suspectes (Voir : Le Coup d'Etat Electronique de George Bush).

-   John Poindexter, l'un des hommes de l'ombre de l'administration Bush, fut le principal artisan de l'Irangate dans les années 80 alors qu'il était conseiller pour la sécurité nationale (1983-86). Il est à l'origine du projet Information Awareness Office (voir ci-dessous pour plus de détails).

-   John Negroponte (actuel représentant américain aux Nations Unies) a dirigé la sale guerre contre le Nicaragua des Sandinistes et les mouvements de gauche et d'extrême gauches du Honduras et du Salvador dans les années 80 lorsqu'il était ambassadeur au Honduras.

-   Au lendemain du 11 septembre 2001, des milliers de personnes (peut-être plus de 5000, sans compter les prisonniers de Guantanamo) sont ou ont été détenues arbitrairement aux Etats-Unis et à l'étranger, dans des camps militaires américains, sans que leur soient garantis les droits élémentaires de tout détenu : pas d'avocat, pas de charge précise retenue à leur encontre, jugements et expulsions dans le plus grand secret ("Enemy Aliens", par David Cole, The New Press, 2003).

-   Le Pentagone souhaite encourager les citoyens américains à espionner leurs proches et voisins afin de s'assurer qu'ils ne participent pas à des opérations terroristes (Projet Talon). Un fichier pour recueillir les données collectées sera crée. Le projet Talon remplace le projet TIPS du ministère de la justice (Terrorist Information Protection System) qui visait à forcer les citoyens à rapporter les faits suspects auprès des autorités. Le projet TIPS envisageait de forcer 11 millions de citoyens américains, principalement des personnes ayant accès aux maisons de leurs compatriotes, comme les livreurs et les plombiers ou électriciens, à rapporter les faits en question ("Enemy Aliens", par David Cole, page 73, The New Press, 2003 ; 'Pentagon to enlist US citizens for spying', Wired News, par Brian McWilliams, 25 juin 2003 ; le 27 juin 2003 dans L'Idiot).

-   L'administration Bush a transféré des centaines de Talibans sur la base militaire de Guantanamo afin de les priver des protections minimum imposées par les conventions internationales sur les prisonniers de guerre, qu'ils ont pourtant signées (Conventions de Genève sur les prisonniers de guerre). (Voir 'Bush se trompe sur les dispositions des Conventions de Genève', rapport du Human Rights Watch, New York, 7 février 2002 ; 'Apply Geneva Conventions to Guantanamo Inmates' Sur ZAWYA [UAE], le mardi 25 mars 2003 dans L'Idiot).

-   L'administration Bush a crée, au lendemain du 11 septembre, une cellule au sein du Pentagone chargée ouvertement de désinformer les médias étrangers et de les manipuler (l'Office of Strategic Information aurait finalement été dissout).

-   Afin de combattre le terrorisme, l'administration Bush a proposé de créer des fichiers sur tous les Américains dans lesquels seraient enregistrées automatiquement toutes les informations concernant leur consommation et leurs déplacements et qui pourraient être consultés par l'administration à tout moment, en l'absence même de contrôle judiciaire (le projet, d'abord intitulé Total Information Awareness et renommé Terrorism Information Awareness, n'a pas encore été adopté par le Congrès américain).

-   Le Homeland Security Act et le Patriot Act confèrent au Président des Etats-Unis (qui a transféré ce pouvoir à la CIA) le droit de désigner toute personne ennemie de l'Etat (sans que des critères précis soient définis) et de l'éliminer physiquement quelque soit l'endroit où elle se trouve.

-   Quelques sources : 'Ideas the Pentagon Wishes It Never Had' par Ari Berman dans The Nation -US-, lundi 1er septembre 2003 dans L'Idiot ; 'Civil Liberties After September 11' par Tom Stephens, dans Counterpunch , mercredi 16 juillet 2003 dans L'Idiot ; 'Copycatting the US 'war on terrorism' de Ehsan Ahrari dans Asia Times, Thailand, le mardi 2 septembre 2003 dans L'Idiot. Voir aussi les très nombreux articles consacrés à ce sujet et mentionnés dans L'Idiot dans la rubrique 'Amérique du Nord'.


Si cette administration ne doit pas être soupçonnée du pire, alors que notre conscience dorme d'un sommeil éternel et cessons de faire notre métier de journaliste !


CONCLUSION

Nous ne prétendons pas avoir les preuves matérielles de la complicité de l'administration Bush dans les attentats. Nous disons simplement qu'il y a suffisamment d'indices concordants pour le supposer ou le soupçonner et pour, par conséquent, rouvrir le dossier et explorer la piste de la complicité active ou passive avec attention et rigueur.

Les hommes, la doctrine, les ambitions affichées et les actions passées et présentes de l'administration Bush incitent à un tel travail. Vouloir l'empêcher c'est se rendre, d'une certaine manière, complice des complices et ne pas faire son métier de citoyen.

Ceux qui nient les complots aujourd'hui et qui dénient à quiconque le droit de s'interroger sur les responsabilités de l'administration Bush dans les attentats du 11 septembre, ressemblent, à s'y méprendre, à ces révisionnistes d'extrême droite, que l'on croyait à jamais discrédités, qui nient la réalité parce qu'elle ne sied pas à leur haine ou à leur bêtise.


PREMIERE PARTIE : LE 11 SEPTEMBRE ET LE NOUVEAU DOGME REVISIONNISTE : LES COMPLOTS N'EXISTENT PAS (PREMIERE PARTIE)


DEUXIEME PARTIE : LE 11 SEPTEMBRE ET LE NOUVEAU DOGME REVISIONNISTE : LES COMPLOTS N'EXISTENT PAS (DEUXIEME PARTIE)

Publié par L'Idiot Du Village